lundi 28 février 2011

L'écran de fumée.


J'ai déniché ce petit article (en vignette) dans Le Canard Enchaîné de début février, à propos d'un livre qui vient de sortir, "Ecole, la servitude au programme", de Florent Goujet, professeur de lettres. Son sujet : l'entrée du numérique dans les classes, le fameux ENT, Environnement Numérique de Travail. Fini le tableau noir, vive le tableau numérique interactif ! Tout un tas de joujoux nous sont proposés, imposés, mais sont-ils pertinents ? Goujet répond que non, pour plusieurs raisons :

1- Le numérique entraîne de nombreuses perturbations chez les élèves : problèmes de vue, baisse de la capacité d'écoute, difficultés de mémorisation, appauvrissement du langage ...

2- L'ordinateur invite à une approche superficielle et quantitative des connaissances, sans véritable approfondissement et maîtrise.

3- L'enseignant prend le risque de se voir réduit au rôle d'assistant technique.

4- Le numérique est sans doute ludique, mais que peut-il contre les maux qui frappent le système scolaire, absentéisme, ennui, démotivation ?

5- Le numérique représente surtout un vaste marché dont les produits exigent maintenance et renouvellement constant. Son critère de développement est plus le profit que l'utilité.

Je ne sais trop ce qu'il faut penser de tout cela. Le progrès technique a toujours suscité des réticences qui ont fini par être surmontées. Mais il est bon d'y réfléchir, pour que l'écran de l'ordinateur ne soit pas un écran de fumée.

dimanche 27 février 2011

L'amour à Bernot.


Philo, vache et cochon.




J'ai trouvé ça (voir vignettes) en librairie cette semaine. Je ne sais pas trop ce que ça vaut, le petit recueil des "30 plus grands philosophes" n'a pas l'air très bon. Et puis, je ne vois aucun auteur connu parmi les rédacteurs de ce nouveau magazine. A qui s'adresse-t-il vraiment ? Lycéens, étudiants, grand public, ce n'est pas clair. Comme la philo fait aujourd'hui vendre, on la met à toutes les sauces.

Ceci dit, il paraît que tout est bon dans le cochon, et je ne suis pas loin de penser la même chose pour la philo. Mieux vaut lire ces "Dossiers philo" que la presse people ou racoleuse. A propos de cochon, je vous parlais hier de l'andouillette de Cambrai, et quelques-uns parmi vous m'ont demandé des précisions sur sa composition : initialement, elle est à base de veau et pas de porc, mais après le scandale de la "vache folle", l'andouillette de Cambrai s'est convertie au porc. Pour de sages philosophes, attraper la maladie de la "vache folle" serait un comble. Mais devenir cochon, est-ce mieux ?

samedi 26 février 2011

Philo à l'andouillette.






Café Philo hier soir à Cambrai, où j'interviens, une fois n'est pas coutume, en tant que simple spectateur, puisque c'est Alain qui anime (vignette 1). Mais je ne suis pas le seul de Saint-Quentin, Laurent et Christophe aussi sont là (et on ne s'est pas concerté !). Le sujet : le temps nous échappe-t-il ? (vignette 2, l'introduction, un peu froissée ...). Le public est fourni, une cinquantaine de personnes (vignette 3, une partie de l'assistance).

Alain a sa façon d'animer, très différente de la mienne, et c'est très bien comme ça. Chaque café philo doit avoir sa personnalité. Alain, qui n'est pas enseignant, fait beaucoup plus enseignant que moi, qui essaie de faire oublier que je le suis. Ce qui signifie qu'il intervient beaucoup plus souvent, fait de nombreuses références. Il n'a pas non plus cette pointe de provocation et parfois de méchanceté qui caractérisent mon animation, dont l'objectif est de déstabiliser, créer le malaise. Alain est dans le consensuel, moi dans le conflictuel, tous les deux dans la pensée.

Après une séance de café philo, j'aime bien rentrer chez moi, je n'apprécie pas les prolongations. "Il n'est de bonne compagnie qu'à la fin elle ne se quitte". Mais là aussi, il faut s'adapter : Alain nous entraîne dans un bon petit restau, "Chez Nous", où je commande évidement la fameuse andouillette de Cambrai, un délice qui fait qu'on ne regrette pas d'être venu. Et la discussion sur le temps et bien d'autres choses se poursuit tard dans la soirée (vignette 4, photo prise par Angelo, assistant technique d'Alain, qui a donc laissé sa place libre).

Revue de presse.



C'est aujourd'hui dans L'Aisne Nouvelle.

vendredi 25 février 2011

Tout un cinéma.


Décidément, il faut tout que je fasse ! Le Multiplexe CinéQuai 02 m'a chargé de rédiger depuis deux ans l'éditorial de son magazine distribué aux spectateurs. Si ça continue, je vais exiger le poste de sous-directeur du cinéma ! Allez, c'est les vacances, il faut bien plaisanter un peu ... En attendant, lisez donc le programme des prochaines semaines, puisque vous êtes nombreux ces jours-ci à passer par les salles du quai Gayant.

Vive le ciné ! Vive la philo ! Vive le ciné philo !


PS : tous à Cambrai en fin d'après-midi pour le café philo.

La philosophie trentenaire.



La philosophie n'a pas d'âge mais les philosophes appartiennent comme nous tous à une génération. On s'en fait généralement une image vieille et moche. Socrate ou Kant, ce n'est pas vraiment Don Juan et Casanova. Portant, dans L'Express de cette semaine (vignettes 1 et 2), les philosophes d'aujourd'hui sont jeunes et beaux. Ils constituent une même classe d'âge qui a la cote depuis quelque temps, les trentenaires. On les voit à la télé, ils parlent bien, leurs bouquins se vendent. Leurs noms ? Charles Pépin, Cynthia Fleury, Vincent Cespedes, Raphaël Enthoven par exemple. Alexandre Lacroix, rédac' chef de Philo Mag', est aussi de la bande.

Est-ce parce que je suis quinqua débutant ? mais cette philosophie trentenaire, je n'aime pas, je ne m'y reconnais pas, je la lis très peu. Pourtant, j'ai eu Lacroix et Cespedes au téléphone, je voulais les faire venir à Saint-Quentin. Ça ne s'est pas fait, je n'accroche pas. Pourquoi ? Cette nouvelle génération de philosophes a une approche et des préoccupations qui ne sont pas les miennes (mais ça n'enlève rien à la valeur de leurs travaux, que je ne conteste pas).

Claire Chartier, auteur de l'article, le dit fort bien : "Le jeune philosophe est invité à donner de la hauteur sur tout et rien". Il devient le commentateur philosophique de l'actualité. C'est intéressant mais ça ne me bouleverse pas. J'attends de la philosophie qu'elle me dérange. Les philosophes trentenaires arrangent plutôt notre pensée. Raphaël Enthoven n'est pas dupe : "On nous réclame du sens, alors que le propre de la philosophie est de transmettre du doute, de susciter des questions".

Ma réaction est aussi générationnelle : je suis né à la philosophie avec Lévy et Glucksman, dans les années 70, dont les sujets de réflexion étaient essentiellement politiques. Puis je me suis professionnalisé dans les années 90 avec Comte-Sponville, Onfray et Ferry, qui ont remis l'éthique au goût du jour, en reprenant de grandes références, Spinoza pour Comte-Sponville, Nietzsche pour Onfray et Kant pour Ferry. Je m'y retrouvais. Avec les philosophes trentenaires, rien de tout ça : politique et éthique sont éclipsées, nous sommes plutôt dans une approche existentielle des problèmes quotidiens. Et les grandes références ont complètement disparu. Qui s'annonce désormais kantien, spinoziste ou marxiste ?

Et puis, il y a cette injustice (et même cette stupidité) à faire d'une jeunesse toute relative un argument de réflexion. Après tout, de "vieux" philosophes rencontrent aussi le succès, par exemple Alain Badiou, qui m'intéresse beaucoup plus que Pépin ou Cespedes, même si sa pensée politique est très éloignée de la mienne.

Pour finir, j'apprends dans L'Express qu'un certain Richard David Precht est, en Allemagne, l'inventeur d'un nouveau genre, le "show philosophique", qui remporte paraît-il un grand succès. Ce "téléphilosophe" a vendu à 1,5 millions d'exemplaires son ouvrage "Qui suis-je et si je suis, combien ?" (25 000 en France). Bref, la mode de la philo, commencée il y a vingt ans, se poursuit, et ce n'est pas moi qui vais m'en désoler, même si je n'y adhère pas toujours. Mal philosopher, c'est tout de même philosopher, et c'est finalement ce qui compte.

jeudi 24 février 2011

IFSI en folie.



En début d'après-midi, j'ai passé une heure trente devant les étudiant(e)s en 1ère année de l'IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers), à l'hôpital de Saint-Quentin, où je me rends de temps en temps. Thème de mon intervention : "Le normal, le pathologique et la folie : approche philosophique" (vignette 1 et 2, mes notes, un peu embrouillées, mais je m'y retrouve !). Je reconnais quelques lycéen(ne)s que j'avais l'an dernier. 140 infirmières dans l'amphi devant moi : si j'ai un malaise ou un quelconque problème de santé, je suis sauvé !

Face à un tel public, nombreux et rapidement dissipé, qui a pris parfois avec d'autres intervenants de mauvaises habitudes, il faut être clair dès le début : pas de bordel, tout le monde écoute ! D'expérience, je sais aussi que les belles déclarations liminaires ne sont rien sans un exemple juste après. Ça tombe bien, je repère très vite une étudiante qui sourit et qui parle comme si je n'étais pas là : sévère remontrance publique, pour rappeler à tout le monde que je ne plaisante pas. Bon, le silence et la concentration n'ont pas tenu une heure trente, mais l'essentiel a été préservé et l'attention plutôt bonne. Quant à moi, j'ai rempli mon contrat horaire à la minute près, ce qui n'est pas toujours le cas.

En introduction, j'ai interrogé ce que nous dit le langage courant de la folie, à travers des expressions révélatrices (péter les plombs, perdre la boule, avoir un grain ou au contraire une case qui manque ...). Puis j'ai divisé ma conférence en trois parties : d'abord une approche très générale, le vécu de la folie ordinaire, ensuite un détour historique, de l'antiquité jusqu'au monde moderne, enfin la situation actuelle, la perception contemporaine de la normalité et de la folie. J'ai conclu par une défense de la folie comme oeuvre civilisatrice, dans l'art, la religion, la politique, mais aussi dans l'existence individuelle, dans l'amour par exemple, amour fou bien sûr.

mercredi 23 février 2011

mardi 22 février 2011

Coucou c'est nous !


Une quarantaine de personnes au Ciné Philo d'hier soir. Pas mal pour un documentaire politique ("Le Président", d'Yves Jeuland), un genre qui n'attire pas les foules. En semaine, le public ne s'est pas pressé (quelques spectateurs seulement). On voit bien l'attrait du Ciné Philo : permettre le débat, surtout après un film comme celui-là, qui s'y prête tout particulièrement. La vie de Georges Frêche, au-delà des particularités locales, pose bien le problème et le mystère du charisme et du succès en politique. Pour le meilleur ou pour le pire de cette noble activité.

En vignette : mon collègue Philippe et moi, qui avons pris l'habitude de faire les guignols à la sortie du Ciné Philo. Ne nous en voulez pas !

lundi 21 février 2011

Babar et les oreilles de lapin.



Atelier-philo à Guise en début d'après-midi, sur un thème pas facile : "Peut-on éviter les inégalités ?" (introduction en vignette 1). J'ai déniché une nouvelle mascotte pour le petit groupe, un Babar que je tiens dans mes bras. Et pendant ce temps-là, devinez ce qui se passe derrière mon dos ? (réponse en vignette 2 !).

N'oubliez pas : c'est ce soir le Ciné Philo, avec le documentaire "Le Président", consacré à Georges Frêche, suivi d'un débat qui promet !

dimanche 20 février 2011

Cause toujours ...


La trame annotée de ma conférence d'hier sur le langage.

Gants cherchent mains.


Depuis lundi, je me trimbale une paire de gants dans mon cartable (voir le billet du 15 février). Et je les ai pour les quinze jours de vacances chez moi ! Ce n'est pas que ça me dérange fondamentalement, mais j'aimerais bien savoir à quelles mains ils appartiennent. Car celle qui les a perdus est sûrement plus embêtée que moi.


J'ai cru un moment que l'élève en question venait des TSV2, puisque c'est à l'issue du cours de lundi avec cette classe que j'ai découvert la fameuse paire. Après consultation, ils me disent que non, que les gants ont été par eux trouvés sur le sol et déposés sur une table. C'est donc la classe d'avant, les TL2, que j'ai eu toute la semaine sans que personne ne me demande quoi que ce soit.


J'ai voulu porter l'objet au Bureau de la Vie Scolaire, qui était fermé vendredi soir. Si des mains reconnaissent leurs gants (voir vignette), qu'elles me le fassent savoir par écrit (normalement, elles sont faites pour ça). Même si je sais bien que rien ne ressemble plus à une paire de gants qu'une autre paire de gants. Je rappelle aussi que dans un an et un jour les gants sans propriétaire seront à moi.

samedi 19 février 2011

Philo à la biblio.





Une conférence sur le langage, ce n'est pas très affriolant, même quand elle s'intitule "Parler pour ne rien dire ?". C'est pourquoi je craignais un peu une faible participation pour cette première intervention proposée par la bibliothèque de Saint-Quentin. Inquiétude inutile : une bonne cinquantaine de personnes étaient présentes. Le démarrage a été plutôt décontracté, assis sur les marches, en compagnie de la directrice et du maire-adjoint chargé de la culture (vignette 1).

Le public a été particulièrement attentif (vignette 2), malgré une conférence que j'ai trouvé après coup un peu longuette (une heure quinze). Mais les auditeurs ne semblaient pas las. Dans l'assistance, quelques élèves à moi (bravo !) et mon proviseur-adjoint. Les usagers allaient et venaient, s'intéressaient et participaient ou bien demeuraient indifférents (vignette 3, au fond, une jeune fille est plongée dans sa lecture pendant que je disserte).

Après les applaudissements d'usage (vignette 4), nous avons débattu trois quarts d'heure, dans l'esprit du Café Philo, qui justement s'installera au même endroit, à partir d'avril. C'est décidé : aucun bar ne convenait vraiment, la bibliothèque nous semble être le meilleur endroit, un nouveau public est à conquérir. La séance aura lieu chaque premier samedi du mois, de 15h00 à 16h30. Seule différence avec l'ancienne formule : l'absence de boissons (du moins pour l'instant). C'est une expérience, pour trois mois. Nous verrons bien. Mais la conférence-débat de cet après-midi et les réactions du public sont de bon augure.

French cancan.




vendredi 18 février 2011

Parler pour ne rien dire.


C'est demain samedi à la bibliothèque de Saint-Quentin, une conférence de votre serviteur, à 15h00, une réflexion sur le langage autour de la question : "Parler pour ne rien dire ?" Venez, parlez ... ou ne dites rien.

Forcing.


Ce matin, à 8h00, entrant dans la salle de classe, j'ai trouvé une feuille et un chocolat sur mon bureau (voir vignette). C'est Emilie, prof d'anglais, utilisatrice elle aussi de cette salle, qui a pensé à moi. Pourquoi ? Parce qu'une prof d'anglais a besoin d'un tas de feuilles pour son cours, qu'elle préfère laisser sur place. En fait, ça ne me dérange pas. Je n'ai qu'un petit dossier ouvert devant moi, mes notes, qui ne m'encombrent pas beaucoup. Je ne suis donc pas gêné par les documents de ma collègue, auxquels je fais à peine attention. Mais son message est sympa, à la veille de ces vacances.

Justement, une veille de vacances, les élèves ne sont pas faciles à tenir. Les miens, dans les deux dernières heures de l'après-midi, sont adorables et malicieux. Je suis autant fatigué qu'eux, j'ai envie moi aussi de tout lâcher, mais je tiens bon, jusqu'à 18h00. Du moins j'essaie. J'ai peut-être tort, je ne devrais pas forcer. Mais je force quand même. Je ne sais pas si c'est très efficace, mais je le fais. Et les élèves aussi, péniblement. Certains collègues organisent un goûter, ils ont sûrement raison. Moi non. On ne se refait pas. Quand les 18h00 sonnent, c'est la grande libération, soulagement pour tous, y compris bibi. A dans quinze jours ...

jeudi 17 février 2011

Chut, c'est un secret ...


Hier après-midi, à l'UTL de Cambrai, conférence sur le secret (voir vignette). Une heure trente, c'est un peu juste pour tout ce que j'ai à dire. Le public (36 personnes) est enthousiaste, participatif, avec de bons moments de rigolade. La prochaine fois, nous étudierons, livre en main, les "Pensées" de Pascal.

Cet après-midi, les élèves étaient excités comme des puces. Normal : c'est toujours comme ça une veille de vacances.

mercredi 16 février 2011

La tête dans les étoiles.



Philosophie Magazine propose toujours de chouettes numéros hors-série, parfois meilleurs que l'édition ordinaire. C'est le cas ce mois-ci, avec un sujet philosophiquement passionnant mais hélas délaissé à la seule astrophysique : la réflexion sur le cosmos. La philosophie moderne se préoccupe essentiellement de morale, parfois de politique. J'aimerais qu'elle lève les yeux vers le ciel, qu'elle se perde dans les étoiles et qu'elle en revienne avec de nombreuses pensées. Lisez Philo Mag, vous ferez le voyage ...

mardi 15 février 2011

Le prof prend des gants.



Une élève de TSV2 a oublié ses gants hier, à midi, en fin de cours. Qu'elle ne s'inquiète pas : je les ai gardés en ma possession, je les lui restituerai jeudi (ou demain, si l'élève veut bien passer en salle 380). Pour une fois que je prends des gants avec un élève !

lundi 14 février 2011

Les jeunes sont charmants.


Savez-vous ce que j'ai vu aujourd'hui dans mon établissement ? Deux lycéennes se baladant avec un bouquet de fleurs offert à n'en pas douter par leur amoureux, Saint-Valentin oblige. Spectacle touchant, que je n'avais jamais jusqu'ici constaté. Les jeunes sont charmants !

dimanche 13 février 2011

Un doc à voir.


Je vous recommande ce documentaire (en vignette) mardi soir à Saint-Quentin, proposé par le comité d'entreprise de la SNCF, suivi d'un débat qu'on m'avait demandé d'animer, mais pas possible, j'ai un conseil d'administration de la FOL ce soir-là. Je prendrai ma revanche le 14 mars ! Le cinéma d'Hirson m'a fait la même proposition. Et là je serai disponible !

samedi 12 février 2011

C'est toujours la même chose.


C'est toujours la même chose : il y avait ce matin un devoir surveillé de philo à Henri-Martin, pour mes Littéraires. L'épreuve, comme au bac, est de 8h00 à 12h00. Je leur demande d'utiliser pleinement les quatre heures pour bien développer leurs idées. Or, de passage à 11h00 (et j'avais prévenu de ma visite), je constate que la moitié sont déjà partis ! Il y a un petit groupe qui fume devant la grille d'entrée. Ils ne comprendront donc jamais ? Quant à ceux qui me répondent qu'ils n'avaient plus rien d'autre à dire dans leur copie, je leur fais remarquer que ce n'est pas normal, qu'un bon élève se reconnaît à la situation inverse : arrivé à midi, il souffre de n'avoir pas tout dit ! J'ai beau insister, c'est toujours la même chose ...

vendredi 11 février 2011

jeudi 10 février 2011

mercredi 9 février 2011

Le Café Philo, c'est fini ...



Le Café Philo, c'est fini ... au Manoir, parce qu'il y a un changement de propriétaire. Mais l'aventure, qui a commencé il y a 13 ans à Saint-Quentin, continue ! Où ? That is the question. Il nous faut trouver un café du centre-ville doté d'une sono et qui accepte de nous accueillir. Pas si facile. Avez-vous une idée ? Je suis preneur !

Pour l'instant, deux pistes : Le Carillon, au premier étage. Ou bien, dans un genre très différent, la bibliothèque de Saint-Quentin, le samedi après-midi (ce n'est pas un café mais il pourrait y avoir du café). Qu'en pensez-vous ?

Quoi qu'il en soit, rectifiez l'information parue dans LHM-Flash n°67 (vignette 2, en haut) : il n'y aura pas de Café Philo en février, et ce n'est pas pour rire !

Un moment d'absence.


"Vous allez bien, monsieur ?" Je lève la tête, l'élève qui vient de m'interpeller ainsi n'a pas l'habitude de prendre la parole. S'il le fait, c'est qu'il se passe quelque chose de sérieux et d'inhabituel. C'était ce matin, en dernière heure. Nous étions en train de travailler le sujet "La guerre peut-elle être juste ?" Souvent, je suis debout ; là, j'étais assis au bureau. L'élève m'explique que je me suis, pendant 15 à 20 secondes, immobilisé, les yeux dans le vide : "un moment d'absence", me dit-il. Étrange.

Mais moi, je l'ai perçu comment ? Je ne sais pas, je n'ai eu conscience de rien. La fatigue peut-être : je me couche tard et me lève tôt. Des soucis sans doute. Un surcroît d'activités probablement. De là à plonger dans un état d'hébétude, même très bref, il y a une marge, un monde. Alors quoi ? Je me souviens de ce que Platon racontait de Socrate : le philosophe se figeait parfois, se transformant en quasi statue, en une posture extatique.

L'interprétation philosophique de ce bizarre incident, c'est la victoire sur le corps, réduit au silence et à l'immobilité. En l'espèce, ce n'est pas d'une absence dont il s'agit, mais au contraire d'une vive présence de l'esprit. Je ne suis pas Socrate et ce n'est pas cette expérience que j'ai vécue ce matin. Devant la classe, je m'en suis sorti à bon compte en expliquant que j'étais certainement perdu dans mes pensées, ce qui normal en philosophie. Il n'empêche : aurais-je déjà des absences de vieillard ?


En vignette : l'introduction de l'atelier philo à la Maison du Sophora, cet après-midi. J'ai animé debout, je n'ai pas pu ainsi avoir de moment d'absence.

mardi 8 février 2011

lundi 7 février 2011

La tête du prof.


J'ai un problème : ma coiffeuse a fermé. J'ai trouvé dernièrement ce message (voir vignette) sur son rideau métallique, place Arnaud Bisson. "Nuance Hair", c'était le nom de son salon. C'est un problème parce qu'un enseignant doit être correctement coiffé (enfin je crois). Or, ces derniers temps, c'est personnellement le désastre, et certaines élèves ne se gênent pas pour me le faire remarquer. Ainsi, il y a des jours où un palmier me pousse derrière la tête. C'est sans doute très joli au milieu d'une oasis, mais dans une chevelure pas vraiment. A vrai dire, mes cheveux poussent dans tous les sens, je ne maîtrise plus rien du tout. J'ai beau peigner, c'est la révolte généralisée.

Ne croyez pas que ces remarques soient superficielles. Pour tout autre qu'un enseignant, peut-être. Mais les élèves sont à l'affût du moindre poil qui dépasse pour en rire. C'est leur façon à eux de résister. Je dois gérer la situation, en attendant de trouver une nouvelle coiffeuse (tiens, si vous avez une adresse, je suis preneur, du côté de la rue Jean Jaurès, et si possible une dame, parce que je trouve que c'est plus agréable qu'un monsieur quand elle me passe les doigts dans mes cheveux).

Ce matin, j'en ai discuté avec les élèves, en testant auprès d'eux une idée : me faire raser le crâne. Comme Lagaf' ou Barthez, m'ont-ils dit. Bon, j'aurais aimé des comparaisons plus flatteuse, Gabriel Matzneff par exemple, à la rigueur Kojak, mais ils ne connaissent pas. Les avis étaient partagés : pour les uns le crâne rasé me ferait passer pour un malade, pour les autres l'idée serait originale. Pour moi, ça me donnerait un petit côté bouddhiste qui me plairait bien. Je n'ai pas encore pris ma décision. Et vous, qu'en pensez-vous ?

dimanche 6 février 2011

Mon élève gothique.




Chaque année, depuis plusieurs années, j'ai dans mes classes des élèves de style gothique, garçons ou filles. Ils ne sont évidemment pas très nombreux, mais on les remarque, tout de noir vêtus. Cette année, c'est Claire qui a attiré mon attention. Elle arrive en classe avec plein de chaînes à la ceinture et surtout ... une magnifique paire de menottes ! De quoi choquer un prof, dans une institution qui interdit les signes ostentatoires (mais que signifie celui-ci ?).

Je ne suis pas du tout choqué mais amusé et intrigué. Claire est gentille comme tout, attentive pendant mes cours, faisant de timides efforts de participation, pas vulgaire, pas provocatrice, mais exhibant tout de même des menottes qui interrogent ... C'est un style, que je prends comme tel, sans plus. La République, dont l'École est le tuteur, c'est la liberté de se vêtir comme on veut, après tout.

Et puis, je suis épaté par la confidence de Claire (que je livre avec son autorisation) : d'où viennent ces menottes ? Ce n'est pas un produit qu'on trouve partout. C'est en fait sa mère qui les lui a achetées ... dans un sex shop ! Je trouve ça formidable, cette complicité mère-fille, cette tolérance qui conduit à une démarche pas évidente. Je sais bien que les sex toys sont à la mode, mais tout de même ...