mardi 30 novembre 2010

Ciné Philo hier soir.



Vignette 1 : au Ciné Philo d'hier soir, Philippe Henry entouré de nos invités.

Vignette 2 : après la séance, le débat continue ...

lundi 29 novembre 2010

Maçonnerie et philosophie.


Jeudi prochain aura lieu un Café Philo exceptionnel (voir vignette). J'ai été contacté par une loge maçonnique saint-quentinoise du Grand Orient de France qui m'a suggéré cette rencontre. Pourquoi pas : la maçonnerie est essentiellement une démarche philosophique basée sur le symbolisme. Dommage que les médias et une partie de l'opinion ne retiennent que l'affairisme financier, le clientélisme politique ou l'ésotérisme folklorique. Cette soirée, où nous aurons un invité, sera l'occasion de dépasser je l'espère ces préjugés fâcheux.

dimanche 28 novembre 2010

Café ou chocolat chaud ?



Ci-dessus les articles de presse consacrés à mes dernières animations philosophiques de Crécy-sur-Serre et Soissons. Pour ce dernier, le rédacteur et ami Denis Mahaffey m'a demandé de vous communiquer la version originale de son texte, ci-dessous.

Café philo

Mariage : l’emprise de l’éphémère

« Le mariage, et puis quoi encore ? » Les philosophes de café se le sont demandé à leur réunion mensuelle au Havana café. Ne serait-ce plutôt un sujet pour les sociologues ou anthropologues ? Animé par le bienveillant et parfois provocateur Emmanuel Mousset, le débat a pourtant été vivace. C’est à croire que chacun se croit fondé à analyser et à juger le phénomène.
Les rituels, les cérémonies religieuses et civiles, la robe blanche symbole – souvent terni – de virginité, les aspects économiques et financiers, le mariage chaste de religieuses portant l’alliance de l’Epoux : beaucoup d’aspects sont passés en revue. Dans le Berry d’antan les invités, le lendemain de la noce, présentaient sournoisement aux jeunes mariés un pot de chambre rempli de… chocolat et champagne.
Le mariage a perdu de sa superbe devant la cohabitation et le Pacs. Plus que d’un engagement profond de l’humanité de chacun, il s’agirait aujourd’hui d’une relation dans laquelle ni l’un ni l’autre de veut sacrifier ses intérêts propres. La seule attirance érotique formant la base du « mariage d’amour », le nombre grandissant de divorces montre l’échec de ce qu’on a appelé « l’emprise de l’éphémère ».

Légende : Les participants au café philo se penchent sur le phénomène du mariage.

Demain sans moi.


Ce sera demain (voir vignette) mais sans moi : le Ciné Philo, en partenariat avec l'ACAP, "Chemins de Traverse", animé par mon collègue, professeur de philosophie au lycée Condorcet, Philippe Henry. Nous aurons deux invités économistes. Je souhaite à Philippe une pleine réussite et le remercie.

samedi 27 novembre 2010

PP, police des portables.

Premier conseil de classe de l'année scolaire hier soir, moi comme professeur principal : mes collègues m'apprennent que quelques élèves de L passent une bonne partie du cours en compagnie de leur téléphone portable, caché derrière les trousses, les sacs ou les vêtements. J'ai toujours soupçonné certains de dissimuler des activités peu scolaires pendant que je parlais. Les tables encombrées m'ont toujours paru suspectes. De là à faire une police systématique, non je n'y avais pas pensé.

Mais dès lundi, ce sera fait : tout devra être visible, la surface réduite au strict minimum, c'est-à-dire au strict nécessaire : papier et stylo, rien d'autres. Les suspects seront déférés au premier rang, sous ma surveillance spéciale. Certes, il est difficile d'interdire aux élèves ce que les adultes se permettent, utiliser régulièrement leur portable pendant des réunions. Ceci n'autorise cependant pas cela. Pour une fois, c'est aux jeunes de donner l'exemple aux plus âgés. Avec ma bienveillante contrainte.

Cependant, toute police a ses limites. J'observe aussi des élèves dont le regard ne fixe pas la feuille de papier sur laquelle ils sont censés écrire mais plutôt leurs cuisses, où je crains là encore qu'un portable ne soit délicatement installé. La position précaire de l'objet produit d'ailleurs parfois des accidents : il y a chute et, de ce fait, flagrant délit. Mais si je suis obligé désormais de regarder les regards, surveiller la position des corps, le travail va devenir difficile. Il le faudra pourtant. J'étais PP, professeur principal. Me voilà aussi police des portables.

vendredi 26 novembre 2010

Contre les violences conjugales.



Hier soir, à l'Ile Verte, à Hirson, animation d'un débat dans le cadre de la Journée contre les violences conjugales : "La société agresse-t-elle les femmes ?" organisé par le Point Info Santé et le CCAS.

jeudi 25 novembre 2010

Bon anniversaire Bernot !



Conférence hier après-midi à l'UTL de Cambrai sur "Tintin et la philosophie". Le canevas est en vignette 1, les deux albums que je recommande à votre lecture en vignette 2, accompagnés de ma petite statuette fétiche !

En soirée, je suis allé faire un repérage à Bapaume, dans une toute nouvelle salle de congrès, où je dois donner une conférence sur le civisme le 9 décembre. Je vous en reparlerai.

Du coup, je n'ai pas pu animer ni fêter les deux ans du Café Philo de Bernot. Bon anniversaire quand même à Raphaël et à toute l'équipe !

mercredi 24 novembre 2010

mardi 23 novembre 2010

Café débat à Hirson.


Ce sera jeudi prochain, à 20h00, à la Piscine, chemin du grand taillis, près du collège Cobast, à Hirson.

lundi 22 novembre 2010

Au Bon Coin.


Ci-dessus, en vignette, les dates et thèmes de mes trois conférences au Bon Coin, rue du Pot d'Etain, à Soissons, en 2011.

dimanche 21 novembre 2010

La philo dès la Seconde ?

Plusieurs personnes m'ont demandé cette semaine si j'avais été heureux d'apprendre que la philosophie serait désormais enseignée en classe de seconde. A vrai dire, je n'ai pas besoin de cette annonce pour mon bonheur. Surtout, l'information n'est pas tout à fait exacte. Nous avons plus affaire à ce qu'on appelle aujourd'hui un "effet d'annonce" qu'une mesure vraiment nouvelle.

D'abord, la déclaration a été faite dans le cadre de la journée mondiale de la philosophie, à l'UNESCO (là où j'ai donné mercredi une conférence, voir billet à ce sujet). Le ministre de l'Education Nationale a proposé que les notions d'ECJS (Éducation civique, juridique et sociale, anciennement instruction civique) soient étudiées sous l'angle philosophique, ce qui était déjà le cas en Première et en Terminale : il s'agit donc d'une extension de ce qui existe déjà et qui n'est pas un enseignement spécifiquement philosophique.

Ensuite, le ministre a suggéré que les enseignements d'exploration (initiation interdisciplinaire à certaines matières) et l'accompagnement personnalisé soient ouverts à la philosophie. Pourquoi pas, mais là encore ce n'est pas complètement nouveau : les profs de philo peuvent parfaitement apporter leur contribution à ces enseignements d'exploration qui, comme leur nom l'indique, ont pour objectif de faire découvrir certaines disciplines aux élèves en encourageant le travail d'équipe entre enseignants.

Quelle que soit l'utilité de la proposition, il ne s'agit pas d'un enseignement à part entière de la philosophie dès la classe de Seconde mais d'une initiation. Est-ce que je suis satisfait ? Plus on parlera de philo, plus je serai content.

samedi 20 novembre 2010

Le mariage, et puis quoi encore ?



Café Philo ce soir à Soissons.

Festival d'Amiens.


Hier soir à Amiens, au Festival international du film, dont la présidente Anne-Marie Poucet (vignette) n'est autre que ma cousine, dont je vous ai raconté, sur ce blog, l'incroyable histoire.

Hier et aujourd'hui.


C'était il y a quinze jours, le Café Philo de Guise. Ce sera dans trois heures, le Café Philo de Soissons : le mariage, et puis quoi encore ?

jeudi 18 novembre 2010

Qu'est-ce qui est inadmissible ?




Vignette 1 : Jean-Hugues Lenoir animant ce soir le Café Philo à Saint-Quentin.

Vignette 2 : l'introduction du sujet.

Vignette 3 : après le Café Philo, dîner en compagnie de quelques participants.

mercredi 17 novembre 2010

NPP.



J'ai bien failli de pas pouvoir faire ma conférence à l'UNESCO (vignette 1) : à 12h17, j'ai appris sur le quai de la gare que le train était supprimé à cause de travaux. Heureusement, le 15h33 m'a conduit à peu près à temps à Paris. L'UNESCO, quel labyrinthe ! J'ai retrouvé Gunter Gorhan dans une salle au milieu d'une quinzaine de personnes. Mon intervention (vignette 2) a été jugée "vivante". Et j'ai fait connaissance, pure et heureuse coïncidence, avec la chargée de mission en Picardie pour le tricentenaire de Rousseau, en 2012. Un beau projet en perspective !

mardi 16 novembre 2010

Chocolat Philo.




Ce matin, pour rejoindre le collège de Crécy-sur-Serre, j'ai d'abord dû affronter les éléments naturels : le givre qui recouvrait les vitres de ma voiture, le brouillard qui barrait la route, l'inondation qui interdisait de passer par Ribemont. Mais je suis arrivé à l'heure ! Avec un peu d'appréhension : je devais animer à la suite trois débats de type café philo, en trois heures, avec trois classes (vignette 1). Ça me semblait lourd.

Finalement non : le temps est passé très vite, les collégiens ont été réactifs (ce n'est pas toujours le cas à ce niveau du système scolaire). Café philo ? Pas vraiment puisque la boisson était chocolatée. Le thème : "Différence et tolérance" (vignette 2).

J'y retournerai en janvier, avec cette fois une séance en soirée, ouverte aux adultes. Et j'ai eu le plaisir de retrouver Laura (vignette 3), que j'ai connue il y a quelques années au CDI d'Henri-Martin. Une excellente matinée, plus de givre mais autant de brouillard et d'inondation au retour.

Merci à Bernard Nosek, correspondant local de L'Aisne Nouvelle, pour les photos.

lundi 15 novembre 2010

De la classe au café.



C'est jeudi la journée mondiale de la philosophie, célébrée par l'UNESCO (vignette 1). J'ai été invité à faire une conférence la veille sur mon expérience d'animateur de Café Philo, autour du thème : "De la classe au café" (vignette 2). Ce sera à 17h00, en salle VI. Si vous passez par Paris, venez faire un tour ! Le siège de l'UNESCO est 7 place de Fontenoy, dans le 7ème.

dimanche 14 novembre 2010

Echange de bons procédés.



Jeudi, Jean-Hugues Lenoir, de Soissons, viendra animer le Café Philo de Saint-Quentin (vignette 1, l'introduction). Samedi, c'est moi qui irai à Soissons animer le Café Philo (vignette 2, le sujet). Echange de bons procédés !

samedi 13 novembre 2010

La Lune fait plouf !


Pas beaucoup de monde pour ma première animation à la bibliothèque : quatre personnes seulement ! Benjamin le documentaliste m'a dit en sortant que c'était la moyenne. Ce n'est pas une raison ni une consolation !

Quand une manifestation échoue, j'essaie de comprendre pourquoi. Là je ne vois pas. La pluie qui invite à rester chez soi ? Organisez un défilé de bonnes femmes à poil un soir de tempête et d'orage, vous ferez quand même salle comble. Alors ...

Le sujet n'était pourtant pas inintéressant (la conquête de la Lune), et le documentaire grand public. Est-ce un défaut d'information ? Je ne sais pas, je ne suis pas l'organisateur. Ceci dit, j'ai débattu à quatre comme si nous avions été quarante ou quatre cents. Y'a pas de raison ! En décembre, je remets ça ; on verra bien.

En vignette : mes activités au cinéma dans les prochaines semaines.

vendredi 12 novembre 2010

L'ange, la bière et le chat.


J'ai animé samedi dernier (voir billet de ce jour-là) le Café Philo de Guise, sur le thème de l'internet. L'organisatrice, sur son blog ( http://kesskinne.over-blog.com/ ), a fait figurer comme à chaque fois une photo. Mais ô surprise, ce n'est pas moi, c'est ... mon chat, vautré sur mon cartable ! Que s'est-il donc passé ?

Simple : Lise a pris trois photos, dont deux ne sont pas physiquement à mon avantage (j'y affiche une tête d'abruti qui n'est pas mon visage habituel). Le dernier cliché est beaucoup mieux, mais on m'y voit boire une bière (vignette ci-dessus). Lise a trouvé que c'était gênant, que ça ne convenait pas. Voilà comment la photo a été en quelque sorte censurée et comment mon chat est devenu la vedette involontaire du Café Philo !

Je ne juge pas des intentions de Lise, mais je voudrais m'insurger contre le puritanisme ambiant. Nous sommes revenus à l'Amérique de la prohibition ou à la théocratie islamiste : l'alcool c'est pas bien ! Évidemment qu'il faut combattre le terrible fléau de l'alcoolisme. De là à se priver d'un plaisir qu'on peut pratiquer dans la modération et la convivialité, non ! Dans un Café Philo, on peut certes boire du jus de carotte et du thé au citron, mais rien n'interdit le vin ou la bière. Ainsi est devenue notre société : on enlève à Sartre sa cigarette, à Tati sa pipe et à moi mon verre de bière en supprimant la photo.

Et quand va-t-on interdire l'ouvrage de Philippe Delerm "La première gorgée de bière" ? A vouloir trop bien faire, nous devenons complètement fous. "L'homme n'est ni ange ni bête, mais qui veut faire l'ange fait la bête". C'est de Pascal, qui a comme souvent le dernier mot. On ne veut pas de la bière et on se retrouve avec mon chat !

jeudi 11 novembre 2010

La conquête de la bibliothèque.


J'ai conclu un partenariat avec la médiathèque de Saint-Quentin, qui me conduira régulièrement à y faire des conférences ou animer des débats. La première manifestation aura lieu ce samedi, autour d'un documentaire que j'ai déjà passé en Ciné Philo l'an dernier et sur un sujet qui me passionne : la conquête de la Lune (voir vignette). En décembre, un autre Ciné-Débat est prévu, et pour l'an prochain, au moins deux conférences : une sur le langage et une autre sur le rire. En projet : une conférence sur Tintin et la philosophie, à l'occasion du Festival de la BD. A samedi à la bibliothèque !

mercredi 10 novembre 2010

Le meilleur de soi.



Conférence sur "les nouvelles pratiques philosophiques", cet après-midi à l'Université du Temps Libre de Cambrai. J'explique comment se déroule un café philo et les critiques que soulève la formule. A un moment, je dis pourquoi, depuis douze ans, je fais tout ça, café philo, ciné philo et activités dérivées : pas pour philosopher avec autrui, car je doute beaucoup de la pensée collective, je crois fermement que la réflexion est une affaire individuelle, qui se passe exclusivement dans la tête ou en compagnie d'un livre.

Alors pourquoi faire ce que je fais, qui prend du temps, qui réclame des efforts, qui est généralement bénévole ? Parce que je suis un militant laïque de l'éducation populaire. C'est un peu ampoulé et grandiloquent de répondre ça, mais il se trouve que c'est exactement ça ! Je cherche à sortir la philosophie du lycée et de l'enseignement supérieur afin de la rendre accessible à tous, y compris les enfants, les prisonniers, les handicapés mentaux, les pauvres, toute catégorie que je rencontre dans mes cafés philo et que la philosophie généralement exclut.

J'ai une autre raison, plus personnelle : le contact avec autrui provoque en moi beaucoup de pessimisme ; je ne suis pas certain que nous nous apportions mutuellement. En revanche, dans l'échange philosophique, chacun donne le meilleur de lui-même, élève le niveau de l'humanité, dépasse la médiocrité ordinaire. Le café philo est aussi rencontre, découverte et bonification.


Vignette 1 : le plan de ma conférence distribué aux étudiants.
Vignette 2 : le brouillon à partir duquel j'ai fait mon cours.

mardi 9 novembre 2010

Buzz sur la ville.


Le livre dont je vous ai déjà parlé est terminé. Il ne me reste qu'à relire, modifier, corriger et mettre en maquette, ce qui n'est pas une mince affaire. J'ai remis à l'éditeur la précieuse clé USB qui contient tout mon travail. Le titre probable est le suivant : "Les Saint-Quentinois sont comme ça !" Trente-deux chapitres constituent l'ouvrage. Je crois que celui-ci fera un certain bruit, le buzz comme on dit aujourd'hui, d'après les réactions aux quelques feuilles que j'ai fait parvenir à des amis. La parution est prévue courant décembre. Mais je vous donnerai quelques informations d'ici là (table des matières, etc).


En vignette : l'introduction au prochain Café Citoyen, qui aura lieu après-demain, jour férié. Nous ne reculons devant rien !

lundi 8 novembre 2010

Philo Mag.


Tout nouveau, tout beau, tout chaud, c'est le nouveau Philo Mag !

dimanche 7 novembre 2010

samedi 6 novembre 2010

PatMag Philo.




Vignette 1 : introduction du Café Philo de ce soir à Guise.

Vignette 2 : au beau milieu de la séance.

Vignette 3 : fin de séance, le débat se poursuit debout.

vendredi 5 novembre 2010

La messe et la confession.


Ça y est, c'est fait, j'ai été cet après-midi inspecté, je suis tranquille pour au moins cinq ans, sauf surprise. Tranquille n'est d'ailleurs pas le mot exact : une inspection ne m'embête pas, comme je l'ai écrit ce matin ; elle m'embarrasse, pour les raisons que j'ai évoquées. Mais j'aime rencontrer un inspecteur, surtout le mien, très sympa, humain, sensible, compréhensif. Sa présence m'est finalement précieuse, parce qu'elle est source de conseils. Un enseignant a rarement, pour ne pas dire jamais, l'occasion d'avoir un adulte dans sa classe, assistant à son cours et lui donnant un avis éclairé et bienveillant.

Comment s'est passée cette inspection ? Je l'ai bien vécue, j'ai à peu près maîtrisé mon sujet, j'avais sous les yeux une seule feuille (en vignette) qui a été mon guide pendant toute l'heure. Unique erreur : je n'ai pas eu le temps de traiter le point 5 (l'art nous détourne de la réalité temporelle pour nous conduire vers l'éternité). Surtout, j'ai créé une ambiance où les élèves ont participé, et c'était ce que j'attendais d'eux. Ce n'était pas gagné d'avance, ils ont été sympa avec moi alors que moi je ne suis pas toujours très sympa avec eux. Eux seuls savent ce qu'a été cette inspection, comment je me suis comporté et si la partie a été gagnée ou perdue.

J'avais mis toutes les chances de mon côté. D'abord, en arrivant avec un ouvrage de Platon sous le bras, ce qui pose d'emblée un prof de philo (mais j'avais une référence à faire). Puis, j'ai utilisé la craie et écrit au tableau, ce que je ne fais jamais. De même qu'un garagiste doit avoir un peu de cambouis sur les mains pour être pris au sérieux, un enseignant doit avoir les doigts maculés de craie blanche. Enfin, j'ai quitté mon polaire qui me fait transpirer comme un porc ou une rock star pour en rester à une simple chemise, celle du guillotiné montant sur l'échafaud. Mais ça ne m'a pas empêché de suer comme un porc ou une rock star, tellement les radiateurs chauffent dans mon lycée !

Une inspection se décompose en deux temps : la messe et la confession. Je suis le prêtre qui officie dans le premier temps, mais c'est moi qui passe à confesse dans le second temps. Il y a un entretien d'environ trente bonnes minutes où l'inspecteur me dit ce qu'il a pensé du cours, les conseils qu'il a à me prodiguer. De mon côté, je réponds aux questions, je m'explique, j'exprime très librement ce que j'ai à dire. Je ne dévoilerai rien de la teneur de cet entretien, secret professionnel oblige : on ne divulgue pas les secrets du confessionnal ! Simplement, j'ai terminé en disant à mon inspecteur, qui me connaît depuis plus de dix ans, tout le bonheur que j'avais à exercer, à être enseignant, à être professeur de philosophie.

A 16h00, tout était fini et l'inspecteur parti. J'ai entamé deux heures de cours avec les Scientifiques, un peu fatigué mais toujours enthousiaste. Au fond de la classe, la place occupée auparavant par l'inspecteur était cette fois vide. Je l'ai presque regretté, j'aurai presque désiré qu'il soit encore là, qu'il juge de mon travail, que nous puissions après en discuter. Mais non, me revoilà encore pour quelques années face à des ados, en attendant qu'un inspecteur revienne un jour dans ma classe, lui ou un autre.

L'embarras.

Dans quatre heures exactement, je serai inspecté. Quel est actuellement mon état d'esprit ? Pas l'inquiétude, le stress ou l'angoisse : j'ai déjà été inspecté, je connais bien mon inspecteur, il n'y a aucune raison objective de craindre quoi que ce soit. Mais subjectivement ? Le sentiment que j'éprouve depuis deux semaines, à la date où j'ai appris mon inspection, c'est l'embarras. Ce n'est pas franchement désagréable, mais ce n'est pas agréable non plus.

Pourquoi l'embarras ? Être inspecté est une chose normale pour un fonctionnaire, ce n'est pas ça qui m'embarrasse. Le fait d'être jugé sur ma pédagogie n'est pas non plus gênant pour moi : je suis assez sûr de ce que je fais, plutôt confiant en moi et dans les résultats de mon travail. Alors quoi ? Eh bien mon embarras est provoqué par l'ambiguïté d'une inspection : on ne sait jamais, ce jour-là, s'il faut faire cours comme d'habitude, pour la classe, ou de façon exceptionnelle, pour l'inspecteur. Bref, faut-il privilégier la vertu pédagogique ou la virtuosité philosophique ?

A cette question, je suis tenté de répondre qu'il faut rester soi-même pendant l'heure d'inspection, faire comme si l'inspecteur n'était pas là, ne surtout pas jouer un rôle, celui de l'enseignant inspecté. Et pourtant, comment faire autrement ? Tout à l'heure, il est évident que je ne pourrais pas être comme d'habitude, dans un état complètement normal. Si l'inspecteur n'avait pas été là, qu'avais-je prévu de faire ? Rendre les copies à mes élèves et leur donner mes commentaires. C'est pour moi un cours à part entière, peut-être plus important qu'un autre cours. Mais je suppose que l'inspecteur ne considérerait pas ça comme un enseignement de philosophie.

Si je continuais le cours d'avant les vacances, il me faudrait reprendre l'allégorie de la caverne de Platon. Mais ce serait pour l'inspecteur du réchauffé, dont il n'a pas goûté la première partie ! Le format d'une heure est d'ailleurs embêtant puisque mes séances d'enseignement s'étalent sur deux heures (c'est le temps qu'il faut pour bien développer un sujet). Ce qui signifie que ce que je vais exposer dans trois heures et quarante-cinq minutes (eh oui le temps a un peu avancé depuis le début de la rédaction de ce billet !) sera nécessairement partiel.

Autre embarras : la classe. Un bon cours, c'est surtout une bonne classe, qui réagit, intervient, s'exprime avec pertinence. Mes ES avec qui je serai ne sont pas au top. Ce que je redoute le plus, ce sont les silences, et moi ramant comme un fou pour leur tirer quelque chose du cerveau ! Je les ai prévenus de l'inspection et encouragé à participer. Peut-être qu'un fond de bonté, un reste d'humanité ou de pitié vont surgir de la classe entre 14h00 et 15h00. C'est à espérer.

Jusqu'à hier matin, j'ai hésité sur le cours que j'allais faire aujourd'hui. Et puis il a fallu trancher, c'est venu assez vite et j'ai maintenant l'esprit tranquille : nous commencerons une nouvelle notion, l'art, et je leur proposerai la question suivante : L'art nous détourne-t-il de la réalité ? C'est un sujet que j'ai déjà fait avec les Littéraires, je l'ai un peu réaménagé, mais je n'ai pas non plus voulu trop le préparer, au risque d'y perdre ma spontanéité. Car j'en reste là : il faut rester soi-même, du moins le plus possible, durant une inspection. La réussite dépendra de l'ambiance que j'aurai su créer. Mais ce n'est qu'à 15h00 que je saurai si j'ai réussi ou échoué. Et pour vous il faudra attendre la soirée pour lire mon compte-rendu de ce qui ce sera passé !

A vrai dire, et paradoxalement, j'aimerais que l'inspection soit une épreuve, au sens fort du terme, avec ses règles précises, sa difficulté identifiable, son défi. J'ai toujours aimé passer des concours ou des examens ; en règle générale, j'apprécie dans la vie l'adversité. Mais une inspection n'est rien de tout cela : elle ressemble plutôt à un contrôle, une vérification, dans des conditions un peu embarrassantes pour tout le monde. Mais comment faire autrement ? A-t-on trouvé mieux que ce système-là ? Pour l'instant je ne crois pas. Dans trois heures trente maintenant, je serai donc inspecté ...

jeudi 4 novembre 2010

Ciné Débat ce soir.





Vignette 1 : photo de groupe, ce soir, après le Ciné Débat consacré au film "Nous resterons sur terre", dont notre invité était Jacques-Marie Duchêne, géographe et écologiste, venu de Hirson.

Vignette 2 et 3 : la séance est terminée mais les discussions continuent dans le hall du cinéma.

Vignette 4 : la table d'exposition des ouvrages de Jacques-Marie et de son association Bulle d'espoir ( http://www.bulledespoir.com/ )

mercredi 3 novembre 2010

L et ES : les résultats.

Dernier jour des vacances et remise demain du deuxième devoir à la maison de l'année pour les TL et TES. Suis-je satisfait ? Pas trop. Je trouve que cette année scolaire ne se présente pas bien. Mais ça peut changer ! Je vous explique en donnant les résultats. Pour les TL (notes à gauche, copies à droite) :

6 : 1
7 : 2
8 : 4
9 : 5
10 : 5
11 : 1
12 : 1
13 : 4
14 : 4

Commentaire : l'équilibre est préservé en faveur de ceux qui ont la moyenne (15) mais les mauvaises copies ont gagné du terrain (12). Certes, il y a une tête de classe qui n'est pas négligeable (8) mais ça ne crève pas non plus le plafond (personne n'a 15 et plus).

Pour ce deuxième devoir de l'année, il est toujours intéressant de vérifier la progression des élèves. Le premier devoir est un entraînement, le deuxième permet généralement des progrès (après, c'est plus difficile). Or je constate quoi ? 10 élèves ont progressé, 15 (!) ont régressé et 2 ont obtenu la même note. C'est décevant.

Chez les TES, la situation est pire, mais dès le début j'ai compris que la classe était à surveiller de près : 16 élèves ont la moyenne et 17 ne l'ont pas. On est dans un périlleux moitié-moitié. Aussi tôt dans l'année, c'est particulièrement inquiétant. Je vous donne le détail :

5 : 2
6 : 2
7 : 2
8 : 7
9 : 4
10 : 8
11 : 1
12 : 2
13 : 3
14 : 2

Là aussi, pas de très bonnes notes. Le profil de classe est très diversifié. Ça peut être un atout, si je sais l'utiliser. Mais aussi un danger, si tout finit par éclater au profit des moins bons. 8 progressent, 18 régressent (nombre particulièrement affolant !) et 6 restent stables.

Demain c'est la rentrée, et y'aura du boulot pour tout le monde ! Le premier trimestre s'achève doucement mais nous sommes encore dans ce qu'on peut appeler les débuts d'année. Il reste six mois pour tout changer.

mardi 2 novembre 2010

La vérité dans les étoiles.



A quoi reconnaît-on qu'un journaliste apprécie l'activité que vous proposez ? A quoi devine-t-on que son papier sera bon ? A une seule chose : au fait qu'il reste presque du début jusqu'à la fin, prend des notes ou des photos. C'est ce qui s'est passé samedi soir, au Jour de la Nuit, avec les deux journaux locaux. Le résultat, dans leurs éditions respectives, c'est deux très beaux articles (voir vignettes).

Je note qu'une petite anecdote a frappé les esprits, à juste raison : un samedi soir, assez tard, place de l'Hôtel de Ville, une tribu d'astronomes amateurs autour de leurs gros engins attire l'oeil et la curiosité. Parmi les nombreux passants, pas mal, sortant des restaurants ou des bars, étaient gentiment éméchés. En temps normal, l'esprit au repos, jamais ces personnes ne seraient venues vers nous. Mais l'alcool ose tout !

Sauf que pour regarder dans la lunette d'un télescope, il faut viser juste et voir clair, en faisant attention de ne pas renverser le précieux matériel. Quelques Irlandais assez chauds, qui se sont brusquement pris de passion pour Jupiter et la constellation d'Andromède, sont quand même parvenus à leurs fins sans trop provoquer de sueurs froides chez les organisateurs. In vino veritas, dit l'adage. Et pourquoi pas aussi la vérité dans les étoiles !

Facebook et blogs ...


Lise et Manu, responsables de l'Entente du Gué de l'Oise, me convient régulièrement à animer leur Café Philo, à Guise ou à Wassigny, en alternance avec mon cher collègue Jean-Paul Senellart. La dernière fois, c'était lui à Wassigny (voir vignette) ; la prochaine fois, c'est-à-dire samedi qui vient, c'est moi à Guise, au restaurant le Patmag, à 17h30, chez les sympathiques Patrick et Magali. Et le sujet sera tout aussi sympa : Facebook et blogs changent-ils notre vie ? Tiens, je suis allé voir hier "The social network", un film très sympa, une bonne introduction au Café Philo de samedi.